Des âneries de l'Association Française pour
l(a dés)information Scientifique
Le site
de l'Association Française pour l'Information Scientifique (pseudo-sciences-org) comporte cet article de référence
sur les supposées contradictions entre démarche
scientifique et parapsychologie. Son auteur, Benjamin Lisan
(pagesperso-orange.fr/jardin.secret), semble d'après son site
n'avoir que des domaines de compétence (surtout informatique et
biologie) sans grand rapport avec le thème ici abordé:
"2.
Les présupposés de la démarche
scientifique
La démarche scientifique part d’un certain nombre
de présupposés, issus de
l’expérience, que nous allons exposer. Ils ne
coïncident pas nécessairement avec ceux des
parapsychologues.
Voici ces principaux présupposés.
2.1. Les phénomènes de la nature sont
déterministes
Tous les phénomènes de la nature
procèdent par une série de causes et
d’effets déterministes. Toute la nature est
régie par des lois globalement mécaniques,
déterministes. Tel phénomène A
provoque tel autre phénomène B, B provoque C etc.
[1].
Pour la science, il n’existe pas de suspension des lois
connues de la nature, suite à l’intervention de
phénomènes magiques ou de forces
supérieures, qui ne procéderaient pas de lois
globalement déterministes [2]. Le surnaturel aux yeux de la
Science, n’existe pas.
2.2. Le monde est essentiellement cohérent, aucune loi ne
contredisant une autre loi.
(...)
2.5. Toutes les lois de l’univers peuvent être
ramenées à une succession de lois simples
Cette conviction des scientifiques de pouvoir toujours ramener
l’univers à une série
limitée de lois simples a été
toujours, jusqu’à maintenant,
vérifiée.
Dans la pratique, on sait que des lois simples autorisent des
vérifications, plus simples à réaliser.
L’affirmation de l’existence de lois simples,
à la base de toutes les autres lois, ne veut pas dire que
l’univers, dans sa globalité, ne soit pas
extrêmement complexe."
Réponses :
- La proclamation 2.1 est une hypothèse
philosophique du 19ème siècle,
réfutée par la science du 20ème
siècle (la physique quantique);
- 2.2. Ne pas confondre cohérence apparente d'un point de
vue
naïf, et cohérence réelle. Ainsi d'un
point de vue
naïf, la relativité du mouvement peut sembler
contredire la
constance de la vitesse de la lumière dans le vide, et les
propriétés corpusculaires de la
lumière peuvent
sembler contredire ses propriétés ondulatoires,
pourtant
un examen approfondi montre qu'il n'y a pas là de
contradiction réelle. Pour la même raison, les
succès de la compréhension des lois de la
physique ne
sont pas contradictoires avec le dualisme esprit-matière et
l'existence d'une vie après la mort; et la paradoxophobie
face
à la première expérience ou
idée
étrange venue n'est pas une attitude scientifique.
Le fait que la plupart des phénomènes observables
soient
des conséquences des lois
de
la physique, a été extrêmement
bénéfique comme fil directeur au
développement du
corpus de
connaissances
scientifiques actuelles. Mais il n'a aucune
garantie de s'appliquer aussi à la conscience, puisque la
conscience n'a encore jamais vraiment été objet
de
science. Le centre de la question de l'existence du paranormal en
tant que tel, est donc son rôle de preuve que le mode de
description matérialiste ne
s'applique plus (déjà qu'il ne s'appliquait plus
à
la réduction du paquet d'ondes en physique quantique).
Loin de moi de prétendre que le
changement nécessaire soit radical: il ne s'agit que de
changement d'hypothèse métaphysique, tandis que
pour
l'essentiel, la démarche scientifique est agnostique, et par
conséquent la plupart des connaissances qu'elle aura pu
engendrer restera valide à travers une telle
révision. Tandis que les positions
zététiques s'éloignent de la science
de par leur caractère
métaphysiquement orienté.
- 2.5. Qualifier de "simples" les lois fondamentales de la
physique, en ce qui concerne ce qui en est actuellement connu... est
une grossière exagération. La formule
actuellement établie du modèle standard
s'étale sur une page, qui n'est relativement simple que par
comparaison avec les trillions d'observations de collisions connues, et
nécessite bien des années d'études
pour être comprise et maîtrisée; pour ne
pas parler de la difficulté des applications
numériques
au calcul de la masse du proton. Avec le problème de la
renormalisation on constate que ce qui se passe
dans les plus petites échelles n'est pas
particulièrement plus simple qu'à des plus
grandes échelles, parfois même c'est le contraire.
Quant aux tentatives de
théories unificatrices comme la gravitation quantique et les
supercordes, et de leurs vérifications, que dire de leur
simplicité...
Plus loin:
"Ensuite,
un mécanisme peut
intervenir, lié à la
croyance du patient dans l’autre monde. Le croyant, dans sa
lutte
inconsciente contre la mort, voit ce qu’il espère
voir. Selon ses
croyances et ses attentes, il imaginera un autre monde, un paradis,
où
il retrouvera ses amis ou proches disparus. Ce bagage l’aide
à susciter
ses rêves et ses visions et les facilite. Ces visions
l’aident à
survivre… Quelqu’un qui croit à la
Vierge aura plus de chance de la
voir apparaître."
D'après mes lectures des rapports sur les
témoignages de NDE,
il n'y aurait pas de corrélation positive entre croyance
préalable en l'au-delà et survenue de ces
expériences. Dès lors, invoquer le pouvoir
suggestif des croyances est un non-sens, et plaiderait au contraire
pour la
réalité extracorporelle de ces
expériences. Lequel de nous méconnaît
le dossier ?
Puis:
"La
science doit être humble et ne
prétend pas tout
connaître ou tout expliquer. Elle ne prétend pas
que ce qui la gêne ou
n’entre pas dans ses vues n’existe pas.
Mais
elle reste critique et incite aussi
à une très
grande, voire extrême prudence, surtout dans les domaines qui
relèvent
du merveilleux, comme ceux concernant les
« miracles » religieux.
Si jamais, un phénomène nouveau était
découvert et prouvé dans ces
domaines, tout scientifique est certain alors qu’une
explication
rationnelle incontestable y serait apporté."
Quant au sous-entendu de l'ensemble de l'article, suivant lequel la
parapsychologie refuserait la méthode scientifique, voir
ici.
Plus d'infos sur l'AFIS ici
(et peut-être encore plus là).
Les zététiciens sont des gogos
Encore de l'AFIS, voici la réponse
qui m'a été adressée en octobre 2003,
suite
à ma prise de contact au sujet
de
la relativité d'échelle. Manifestement, les
zététiciens
sont bien incapables de distinguer entre vraies et fausses sciences
(ici
l'AFIS, les seuls que j'ai contactés, de toute
façon
quels autres auraient pu s'y intéresser, cela ne parlant pas
du
paranormal - falllait-il en solliciter d'autres ? Nottale
était
bien connu des médias scientifiques grand public, n'importe
qui
pouvait s'y mettre, aucun ne l'a fait, ou tous s'y sont
laissés
prendre).
Du moment que quelque chose s'habille d'un semblant de
démarche
scientifique et critique, est
soutenu
par quelque chose qui ressemble à une autorité et
ne
contredit pas les dogmes matérialistes, les
zététiciens
laissent passer.
Bon, qu'est-ce que je veux dire, en fait ?
C'est que pour avoir un véritable esprit critique en sorte de
n'être effectivement pas un gogo, il ne suffit pas d'avoir un
désir fervent d'esprit critique et de connaître quelques
définitions et règles théoriques de ce que
l'esprit critique et la raison sont sensés être, munis de
quelques exemples bateau. Encore faut-il avoir l'intelligence, la
compétence, l'expérience adéquats, un long et patient travail de prise
de connaissance des sujets spécifiquement abordés (n'en déplaise à foi
zététique qui veut que "un enfant de 10 ans peut tout à fait
comprendre et appliquer les principes que nous enseignons").
Et ça, ce sont pour l'essentiel des choses qu'aucune somme de
fanatisme et d'enseignements zététiques ne suffiront
jamais à procurer.